Préparation du voyage
L'idée de traverser les Pyrénées en Segway n'est pas venue d'un coup. J'avais pu me rendre compte des extraordinaires possibilités du
Segway (voir Comment voyageons-nous?) et en préparant mes examens de janvier, j'ai commencé à rêver de faire une balade
d'environ 200 km, accompagné par quelques amis à vélo. J'en ai parlé à Xavier qui a tout de suite été très intéressé.
À force d'y penser, le projet s'est étoffé, nous avions besoin de batteries supplémentaires, et ce n'est pas évident à trouver. Nous
nous sommes rendus compte qu'un tel voyage ne s'improviserait pas et que, tant qu'à faire, autant voir les choses en grand. Nous nous
sommes donc rapidement mis d'accord pour partir trois semaines après les examens de juillet, de sorte que nous soyons rentrés à temps
pour préparer nos examens de passage, au cas où nous raterions certains examens en juin.
 Les Pyrénées, entre
la France et l'Espagne. |
Nous voulions faire un trajet en montagne, dans un pays dont nous connaissions la langue. Nous nous sommes donc rapidement concentrés
sur les Pyrénées, cette chaîne de montagnes entre la France et l'Espagne, en rouge sur la petite carte d'Europe.
Comme il fallait acheminer le matériel sur place, et que ce n'est pas facile de prendre le train avec un Segway, nous avons décidé de
faire une boucle au départ de Bordeaux, facile d'accès depuis Bruxelles en TGV.
 Sur cette carte, vous
pouvez voir nos différentes étapes. |
Nous avons donc décidé de faire un trajet triangulaire : aller de Bordeaux à Bayonne (à la frontière espagnole sur la côte atlantique),
puis de Bayonne à Perpignan (à la frontière espagnole sur la côte méditerranéenne) en suivant les Pyrénées d'ouest en est pour enfin
revenir à Bordeaux. Mais comme vous le verrez, nous avons dû changer nos plans en cours de route.
Il restait à trouver où nous loger en chemin. Pour cela, nous avons eu l'idée de téléphoner aux curés des villages par lesquels nous
comptions passer, pour leur demander s'ils pouvaient nous indiquer une famille de paroissiens qui accepteraient de nous accueillir pour une
nuit.
Nous avons donc été trouver Pierre Hannosset, le curé de la paroisse étudiante de Louvain-la-Neuve qui était régulièrement venu me voir
à l'hôpital. Il nous a confirmé que c'était une bonne idée, et nous a écrit une lettre de recommandation. Vous trouverez d'ailleurs un mot
de lui sur la page Ils / Elles disent de nous.
Comme notre projet commençait à ressembler à quelque chose, nous avons alors écrit à Segway France le 18 avril pour leur demander de nous
prêter un Segway pour Xavier (je fournissais le mien) et les indispensables batteries de rechange.
Le 28 mai, ils nous ont répondu qu'ils acceptaient de nous prêter le matériel, et qu'ils nous offraient en prime le GPS dont nous
avions besoin, non pas tant pour l'orientation que pour pouvoir donner notre position aux secours en cas de problème.
Muni de la lettre de Pierre, nous avons alors commencé à donner d'innombrables coups de téléphone, et la plupart des curés, malgré
leur âge avancé et leur lourde charge de travail se sont démenés pour nous trouver une famille d'accueil (leurs paroisses sont souvent
composées de plusieurs villages, et s'étendent sur des dizaines de kilomètres).
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Le voyage en mots
 Un souper lors de l'une de
nos étapes. Sur la bouteille : Grand Bas-Armagnac, Année 1960
|
Avant de commencer mon récit, je voudrais remercier toutes les personnes qui nous ont donné le gîte ou le couvert (et ce furent des
vacances gastronomiques) ou qui nous ont aidé d'une manière ou d'une autre. Je ne peux pas raconter une anecdote par jour du voyage, le
récit est déjà bien assez long comme ça ;-) mais ce n'est pas pour autant que nous avons oublié votre accueil. Xavier et moi échangeons très
souvent des réflexions qui commencent par Tu te souviens de ces gens à Saucats/ Pissos/ Lit-Et-Mixe/ Capbreton/ Hélette/ Iratty/ Ste
Engrâce/ Accous/ Asson/ Arrodets/ Arreau/ Boutx/ St Lizier/ Baulou/ Ax-les-Thermes/ Escouloubre-les-Bains/ St Martin/ Perpignan/ Autres ?
Je vous dirais bien de biffer les mentions inutiles, mais il n'y en a pas.
Pour une fois c'est moi qui bois, à la bonne vôtre!
Nous sommes partis le 6 juillet à l'aube. Le voyage en TGV a été long et éprouvant. Nous avions bien sûr prévenu la SNCB (Société
Nationale des Chemins de fer Belges) que j'étais handicapé et que je me déplaçais en Segway, nous avions envoyé des photos de l'engin,
ses dimensions et son poids, mais arrivés sur le quai, nous avons eu un peu de mal à convaincre le convoyeur de nous laisser
embarquer.
 Mr Symphor et Pierre-Jean
|
Le trajet prend déjà un certain temps quand le train est à l'heure, et notre TGV avait plus de trois heures de retard. Heureusement,
le concessionnaire Segway de Bordeaux qui devait nous remettre le matériel, M. Symphor, nous a gentiment emmenés en camionnette jusqu'à
notre première étape, à quelques kilomètres de Bordeaux. Nous y avons passé la nuit dans le presbytère.
Notre remorque était sans conteste le point faible de notre voyage. Nous n'avions pas prévu que changer les batteries nous prendrait
autant de temps, mais il fallait chaque fois déssangler la remorque, changer les batteries, puis tout ressangler, et les premiers jours,
nous devions souvent nous arrêter après 100 m parce que le sac était mal fixé. Pour cette raison, nous avons dû modifier notre projet
initial qui était de faire deux étapes de 50 km par jour, en rechargeant partiellement les batteries à midi.
De plus, l'attache remorque que nous avions fait faire par un carrossier avant de partir était trop fragile.
 La réparation de fortune,
notez la chaussette pour protéger la carrosserie... |
Le 9 juillet, nous avons l’avons brisé pour La première fois. Nous avons fait une réparation de fortune, et nous avons fini par arriver
tant bien que mal et assez tard à Capbreton sur la côte atlantique. Nous y avons passé la nuit dans la maison de vacances d'une famille de
Belges qui avaient accepté de nous accueillir.
Heureusement, ils connaissaient quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui avait un poste à souder. Le lendemain midi, notre attache remorque
était réparée, et nos hôtes ont insisté pour payer les réparations, encore merci à eux.
Mais la journée était bien avancée, nous étions fatigués, nos hôtes insistaient pour que nous passions une nuit de plus chez eux, ils
étaient charmants et avaient une piscine… Nous sommes donc restés une nuit supplémentaire.
 Les Landes. Sur des routes
pareilles, on est tenté d'enlever son casque, ne faites jamais ça chez vous les enfants. |
Le 11 juillet, le paysage a commencé à changer. Nous quittions les Landes, leurs grandes forêts de pins et leurs routes plates et rectilignes pour les premiers
contreforts du Pays basque et des Pyrénées. Nous avons brisé une seconde fois l'attache remorque que nous avons fait ressouder deux heures
plus tard, pour 5 €.
Comme nous n'avions pas de point de chute prévu pour passer la nuit, nous étions un peu inquiets, mais nous avons sans encombre trouvé
un gîte d'étape pour pèlerins de Compostelle. Nous y avons d'ailleurs rencontré un sympathique pèlerin argentin.
 Je ne sais toujours pas qui
a eu le plus peur |
Le 12 juillet, les choses sérieuses ont commencé. Nous avons franchi notre premier col dans un brouillard à couper au couteau, et nous
avons rencontré nos premières vaches en liberté (la région est pleine de troupeaux de vaches, de moutons et de chevaux en semi-liberté,
avec une cloche autour du cou). Elles se sont d'ailleurs effrayées à notre passage comme on le voit sur la photo.
Le 13 juillet, toujours dans le brouillard, nous avons entamé la descente du col au-dessus duquel nous avions passé la nuit. C'est là
que pour la première fois, nous avons expérimenté ce phénomène étrange mieux expliqué sur la page Comment voyageons-nous ?: le Segway qui tirait la remorque
refusait de descendre. Nous avons compris par la suite que c'était parce que les batteries étaient trop chargées (comme il est plus lourd, le
Segway qui tire la remorque se décharge plus vite dans les montées et se recharge plus vite dans les descentes), mais sur le coup, nous
n'étions pas rassurés...
Nous avons arrêté une voiture à qui nous avons confié notre remorque, en demandant de la déposer dans un fossé à l'entrée du premier village.
Mais le Segway refusait toujours de descendre. Nous avons donc arrêté une seconde voiture dans laquelle je suis monté après avoir chargé le Segway, et qui m'a
déposé 10 km plus bas, dans le premier village où j'ai trouvé la remorque à l'endroit convenu. Quelques minutes plus tard, j'ai vu Xavier
descendre de la montagne en Segway, tout souriant, et ses batteries encore pleines alors qu'il venait de faire 10 km. Dans la vallée, il
faisait grand soleil. Nous sommes repartis, et nous avons fini par comprendre ce qui nous était arrivé.
Le même jour, dans la soirée, nous avons brisé pour la troisième fois notre attache remorque, au milieu de nulle part, un dimanche,
veille de 14 juillet (jour férié en France).
Nous avons réussi à aller jusqu'à un gîte d'étape, nous avons loué une chambre, puis nous nous sommes assis sur le bord de la route,
en regardant l'attache remorque cassé et en nous demandant que faire.
Nous étions arrivés à la conclusion qu'il fallait attendre deux jours, et que Xavier irait mardi matin en stop jusqu'à la ville la plus proche
faire ressouder l'attache remorque (la pièce démontée tient dans une poche).
À ce moment, le tenancier du camping arrive et s'intéresse à nos engins. Comme d'habitude, nous lui faisons essayer le Segway, et
nous lui expliquons que nous allons devoir rester là au moins deux jours.
Dix minutes et 3 coups de fil plus tard, le tenancier emmène Xavier et l'attache remorque dans son 4*4 chez un de ses amis bricoleur.
Ce monsieur, qui avait des invités chez lui, a engagé une longue conversation en Basque avec le tenancier dont Xavier n'a compris qu'un seul mot
(handicapé) (apparemment ça se dit pareil en Basque) et un quart d'heure plus tard, Xavier était de retour avec notre attache remorque qui avait
doublé de volume tant la soudure était imposante.
Ce monsieur a laissé un mot dans notre livre d'or, en partie en Basque : Le Basque est dur, mais à voir ce que vous faites, on ne
peut qu’ être admiratif devant votre courage, votre discrétion et votre gentillesse. Le camping Ibarra à Ste Engrâce est fier d'avoir été
l'une de vos étapes. La soudure basque sera je l'espère plus résistante que la soudure Landaise.
Esker Mila Izau Askar et a Berriz Artè.
.
Grâce à cet Auvergnat basque (Georges Brassens, tu bois), nous sommes repartis dés le lendemain matin.

Un troc momentané. |
Les jours suivants, nous avons logé dans des gîtes d'étape pour pèlerins de Compostelle où nous avons rencontré deux compatriotes
flamands, un ostéopathe hindou parisien et deux gendarmes motocyclistes qui nous ont très gentiment indiqué le chemin (eux n'allaient
pas à Saint-Jacques).
Je ne résiste pas au plaisir de vous lire le mot qu'ils ont laissé dans notre livre d'or. Je n'y ai rien changé, mais comme on n'est
jamais trop prudent avec ce qu'on écrit sur Internet, j'ai effacé les noms propres, sauf celui du lieu-dit.
Le 16 juillet 2008 à 12
heures 30, rencontre insolite à La Croix des Hauteurs (commune de ***) de deux véhicules motorisés, par nous, 2 motards de la BMO de ***, en
l'occurrence *** et ***. Bon vent à ces 2 baroudeurs
 No Comment |
Ensuite, nous sommes passés par Lourdes. Un peu par hasard en fait. Lourdes est un passage obligé si l'on veut éviter le col du
Tourmalet qui est une route nationale que nous jugions trop dangereuse car trop fréquentée. Mais tant que nous étions là, nous nous
sommes dits qu'on allait aller voir la célèbre grotte des apparitions de la Vierge et nous y recueillir un moment.
Il faut bien dire que nous détonions un peu à Lourdes, au milieu des autocars de religieuses polonaises et des scouts d'Europe tirés
à quatre épingles, bannières au vent. Nous avions l'habitude d'être regardés comme des extraterrestres, mais là, nous ne nous sentions
vraiment pas à l'aise.
Avant d'aller voir la grotte, nous nous sommes arrêtés sur un grand parking désert, pour changer les batteries à l'ombre. Moins de
cinq minutes plus tard, une dame arborant fièrement un badge d’hospitalière est venue nous dire que nous devions partir, que le
parking était une propriété privée.
Je lui explique que bien sûr nous n'allons pas rester, que nous comptons repartir dès que nous aurons changé les batteries, et pour
l'amadouer, je lui dis que je suis handicapé et que nous venons voir la grotte.
Immédiatement, la dame nous déclare d'un air pincé qu'il est hors de question d'aller voir la grotte avec ces engins. J'explique que
bien sûr, Xavier ira à pied, mais que moi, je ne peux pas y aller autrement. Rien à faire.
Après quelques minutes de discussion, le ton monte :
- Si tout le monde faisait comme vous, alors on viendrait en moto ou en
voiture dans la grotte…
- C’est sûr que si tout le monde était tétraplégique, ce serait une belle pagaille !
-Vous n'avez qu'à prendre une chaise roulante !
-Mais c'est ma chaise roulante! Ça ne fait pas de bruit, ça ne rejette pas de gaz d'échappement, ça roule lentement, les chaises
roulantes électriques sont bien autorisées que je sache ?
-Bien sûr, mais ça, ça n'est pas dans les moeurs. Vous ne pouvez pas entrer avec ça.
-Mes bras et mes mains sont trop faibles pour pousser une chaise roulante, vous n'allez quand même pas me porter sur
votre dos ?
- Je vais aller chercher une chaise roulante, vous n'avez qu'à vous asseoir, je vous pousserai. Autrement, pas question d'entrer dans
la grotte.
Entre-temps, Xavier avait fini de changer les batteries. Je lui ai demandé s'il pouvait secouer la poussière de mes sandales, puis nous
sommes partis en remerciant la dame pour son ombre.
On n'a jamais vu la grotte.
Voilà comment certaines personnes pensent que les handicapés devraient se tenir : ils n'ont qu'à
rester assis dans une chaise et
attendre que quelqu'un veuille bien les pousser.
Je ne pense pas avoir jamais été aussi en colère que ce jour-là, et croyez-moi, je peux être très en colère.
Donc, nous nous sommes fait virer de Lourdes où affluent chaque année des milliers de personnes handicapées, et dans le Pays basque où
les sites touristiques sont régulièrement la cible d'attentats à la bombe, nous n'avons rencontré que des gens charmants qui nous ont
accueillis comme des rois. Alors quand on me dit que les Américains sont très accueillants, ou qu'au contraire, ils détestent les
étrangers (on nous soutient régulièrement les deux versions avec une égale vigueur), je souris, je hoche la tête et je repense à la soudure
basque basque et à l'hospitalière de Lourdes.
 Nature morte |
Les jours suivants se sont déroulés de la même manière. On a encore brisé l'attache remorque, et il a fallu en faire refaire une
nouvelle tant la première n'était plus qu'un amas de soudures tordues.
On a aussi cassé quatre ou cinq fois les vis de l'attache remorque, et il a été difficile de les extraire puisque la tête de vis
était cassée mais qu'une moitié de la vis était toujours en place.
Le 26 juillet au soir, nous sommes arrivés à Perpignan. Nous y avons déposé nos affaires dans une auberge de jeunesse, puis nous
sommes allés à la gare. En effet, nous nous étions rendus compte depuis longtemps que nous n'aurions pas le temps de retourner à Bordeaux
par nos propres moyens.
Nous nous sommes donc arrangés avec la SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français) et nous avons acheté un ticket de train
pour Bordeaux pour le lendemain matin.
Nous avons ensuite poussé jusqu'à Canet-Plage où nous tenions absolument à voir la mer. Malheureusement, nous sommes arrivés
lorsqu'il faisait nuit, nous n'avons donc pas de bonnes photos de la Méditerranée.
 Notre escorte |
Le 27 juillet, nous avons pris le train très tôt matin pour Bordeaux. À la gare de Perpignan (centre du monde)(Salvador Dali, tu bois),
Xavier était un peu inquiet étant donné le peu d'enthousiasme qu'avait montré la SNCB pour embarquer un Segway à Bruxelles et qu'il fallait ce jour-là en
embarquer 2.
Mais nous venions justement de faire connaissance avec trois militaires français qui patrouillaient dans la gare et qui nous avaient
dit qu'ils nous donneraient un coup de main pour embarquer. J'ai donc répondu : on a 2 FAMAS (fusil d'assaut français) et un 9 mm
derrière nous, que veux-tu qu'il nous arrive ?
 Sur l'élévateur pour chaises roulantes
|
Et effectivement, le personnel de la SNCF s'est montré d'une gentillesse à toute épreuve. On peut voir sur la photo l'élévateur destiné à
embarquer les chaises roulantes. En fait nous avons pris cette photo pour l'envoyer à la SNCB. En effet, j'ai pris le train quelquefois en Belgique,
et j'ai toujours eu des ennuis, alors qu'en France, c'est limite si on ne déployait pas le tapis rouge. Il m'en coûte de le dire, mais bravo les
Français.
Nous avons rendu le matériel à Bordeaux à l'heure dite et en bon état, et après 13 heures de train (Perpignan-Bordeaux, Bordeaux-Bruxelles),
nous étions de retour chez nous.
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Le voyage en chiffres
Nous sommes partis trois semaines, mais nous avons passé deux jours dans les trains, et nous avons fait 3 pauses d'une journée,
nous avons donc roulé pendant 17 jours.
Nous avons parcouru 980 km (Allez, disons 1000 puisque nous n'avons pas compté le col que j'ai descendu en stop) ce qui fait une
moyenne de 58 km par jour.
Nous avons franchi 19 cols de montagne.
Ce qui nous a coûté le plus cher, c'est certainement le train. La nourriture et le logement (puisque nous avons souvent logé dans
des gîtes d'étape) nous reviennent à 0,35 € par kilomètre et par personne…
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