USA 2009



Dessin d'un segway sur une carte des USA

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Objectif

Choix de l'itinéraire

Le voyage, jour après jour

Quelques chiffres

Sponsors

Objectif

Notre objectif était de traverser l'Ouest américain en suivant les Montagnes Rocheuses. En Segway, en solitaires, avec un minimum de matériel et en logeant chez l'habitant.

Nous pensons qu'on aurait tort de se dire :Tout ça, c'est pas pour moi . Nous pensons que les aventures ne sont pas réservées aux aventuriers professionnels, à Nicolas Hulot ou à Alain Hubert (dont nous admirons bien sûr les exploits) (Il va de soi que vous buvez). Nous pensons que n'importe qui doit pouvoir se lever à la fin d'un reportage et se dire Cette fois c'est mon tour.

Nous voulions montrer qu'avec une bonne préparation, il est possible de voyager simplement, même sans gros budget, et même si on n'est pas un athlète.

Enfin, puisque nous parlons de budget, nous voudrions préciser que notre objectif n'était pas de gagner de l'argent. Nous avons obtenu quelques sponsors, et nous avons pris nous-mêmes en charge les frais encourus sur place (nourriture, hôtel etc). Les comptes ne sont pas encore clôturés, mais tout les bénéfices seront reversés à Handicap International. Cela comprend bien sûr l'argent que nous pourrions tirer du reportage vidéo que nous voudrions réaliser.

Notons que Segway Inc. a refusé de nous aider de quelque manière que ce soit, en expliquant que le Segway n'était pas conçu pour les handicapés et qu'en conséquence, ils ne supporteraient pas notre projet, bien qu'ils le trouvent "very exciting".

Nous n'avons donc eu ni soutien financier, ni prêt de matériel, pas même une réduction de prix.

Nous auraient-ils soutenus si je n'avais pas été "anormal"? J'ai bien peur que nous ne puissions pas retenter l'expérience en changeant ce paramètre, sauf le respect que je dois à la recherche médicale (les cellules souches vous buvez, et les chercheurs aussi, une grande éprouvette chacun).

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Choix de l'itinéraire

Itinéraire

Une esquisse de notre itinéraire

Nous cherchions une chaîne de montagnes dont nous connaissions la langue. Voilà pourquoi nous avons choisi les Montagnes Rocheuses.

Ensuite, nous avons pris des renseignements sur la région, surtout sur le climat et la densité de population. Nous avons décidé de partir de Missoula, dans le Montana, près de la frontière canadienne, et de descendre en suivant les montagnes Rocheuses sur près de 2500 km, en passant par le célèbre parc national de Yellowstone, en traversant le Wyoming et le Colorado pour arriver enfin à Albuquerque au Nouveau-Mexique.

Nous sommes partis six semaines, et nous avons parcouru comme prévu environ 2500 km en roulant six jours sur sept.

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Le voyage, jour après jour

Pour raconter ces deux mois, il faut rendre compte du rythme auquel se succèdent les événements. Nous avons fait énormément de rencontres extraordinaires, mais il ne faut pas perdre de vue que notre histoire n'est pas seulement une histoire de rencontres, c'est aussi une histoire de grands espaces, de désert, de montagne, de solitude et de silence.

Je ne peux pas me contenter de raconter une série d'anecdotes croustillantes en passant sous silence les jours où il ne se passe rien de racontable, ce sont parfois les plus beaux.

S'il ne se passe rien pendant 24 heures, je trouve que cela vaut la peine de le dire. Au lecteur d'imaginer la rude poésie de ces journées banales, les gestes insolites devenus quotidiens qui se cachent entre les lignes laconiques.

Pour cela, j'ai structuré mon récit comme un journal de bord. Cela peut sembler répétitif, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé de rendre compte de l'omniprésence du désert.

Journal de bord

26 juillet : C'est le grand départ depuis l'aéroport de Zaventem, mais une partie de nos bagages s'égare en chemin. Nous passons la nuit à Missoula chez trois jeunes couch surfeuses.

27 juillet : repos à Missoula, nous récupérons le matériel qui avait été expédié à l'avance chez un prêtre. Nous passons une seconde nuit chez les mêmes personnes.

28 juillet : Nous attendons toujours les bagages perdus par British Airways. Ils arriveront à minuit, nous passons donc une troisième nuit au même endroit, à profiter des délices de Capoue.

Une antilope

Un pronghorn, antilope d'Amérique.

29 juillet : Nous quittons Missoula avec 24 heures de retard sur notre planning. Notre premier jour s'annonce mal : nous avons un accident de Segway (nous n’en aurons pas plus de deux ou trois au total). Une roue de la remorque est totalement voilée, c'est assez impressionnant, mais en fait cela ne pose pas trop de problèmes. Alors que nous changeons nos batteries dans une pompe à essence, nous rencontrons quelqu'un qui habite à Corvalis, notre destination du jour, et qui nous y invite. Nous passons donc la nuit chez lui.

30 juillet : Nous passons trois heures dans un magasin de vélo pour réparer la roue de la remorque, et nous en profitons pour donner une interview au journal local, le Ravalli Republic. Le reste de la journée se passe bien excepté deux crevaisons. Nous passons la nuit dans un camping à Sula où nous louons une cabane en rondins.

31 juillet : Nous passons notre premier col de montagne, et faisons tout de suite après connaissance avec le désert.

La géographie américaine est très surprenante pour nous: tout au long de notre voyage, le paysage change en quelques miles. On passe en quelques heures d'un paysage alpin, boisé et vallonné, au désert le plus plat.

Notre parcours suit en général la ligne de partage des eaux, que nous passons plusieurs fois. C'est-à-dire que nous suivions l'épine dorsale du continent, passant sans cesse du versant où les rivières se jettent dans l'Atlantique à celui où elles se jettent dans le Pacifique, mais nous n'avons jamais vraiment quitté le désert. Il nous arrivait quelquefois de nous retrouver en montagne, en ville ou dans une vallée fertile, mais toujours, nous finissions par retrouver le désert au bout de quelques heures.


P-J entre 2 Américains armés

Il ne s'agit pas d'un désert de sable ou de pierre, mais d'une mer de petits buissons bleuâtres. Il est très rare d'y voir du bétail, on croise par contre de nombreuses antilopes d'Amérique. À l'inverse de ce qu'on peut voir en Europe, on ne voit des arbres qu'au-dessus d'une certaine altitude. Dans la vallée, on distingue très nettement le niveau à partir duquel les montagnes sont couvertes de forêts, mais tant qu'on est en plaine, on peut passer des heures sans croiser un arbre, et cela pose un sérieux problème lorsque le soleil tape. La chaleur est tout à fait supportable tant qu'on roule, à cause du vent, mais sitôt qu'on s'arrête, on cuit, et lorsque nous voyons venir le moment de changer les batteries, nous commençons à scruter le paysage à la recherche de la moindre tache d'ombre : arbre, falaise, panneau routier, bâtiment, véhicule garé.

Pour rattraper notre retard, nous ne passerons que quelques heures à Wisdom où nous comptions passer la nuit. Après avoir partiellement rechargé les batteries, nous poussons jusqu'à Jackson, chez quelqu'un que nous avions contacté avant le départ en passant par le curé de l'endroit. Les quelques heures passées à Wisdom furent hautes en couleurs puisque nous tombons sur la foire aux armes annuelle.

1 août : Nous continuons dans le désert, où nous sommes interpellés par une voiture de police. Ça se passe très bien, le flic nous demande juste ce que nous faisons mais nous laisse repartir sans problème, après nous avoir donné une courte interview. Après une nouvelle crevaison, nous arrivons à Dillon où nous passons la nuit chez une couch surfeuse.

2 août : Nous prenons un jour de repos pour acheter de nouveaux pneus et attendre un colis envoyé par la poste. Nous passons donc une seconde nuit chez la même personne.

3 août : Nous arrivons dans une région très marquée par la ruée vers l'or. Malheureusement, une des lourdes attelles en métal que je porte aux jambes cède. Nous réparons avec les moyens du bord : fil de fer et papier collant.

Photos de désert

En descendant Badger Pass, le col du blaireau, près d'Ennis

Nous dormons à Laurin où le curé du coin nous a invité dans la salle paroissiale.

4 août : Nous roulons dans une vallée sans dessus dessous, les mines d'or aujourd'hui fermées ont laissé d'immenses piles de gravats un peu partout. Ici, on ne s’est pas fatigué à empiler les déchets des mines à la manière de nos terrils belges.

Nous passons par deux villes fantômes extrêmement touristiques, et arrivons finalement à Ennis où nous dormirons encore dans la sacristie d’une église.

Nous y rencontrons un mécanicien fou qui nous emmène faire la tournée des bricos pour réparer mes attelles.

5 août : Nous progressons vers le parc national de Yellowstone. Nous dormons dans une des cabanes en rondins d'un camping que nous avions réservé depuis la Belgique. Les prix sont exorbitants…

6 août : Nous allons jusqu'à la très touristique ville de West Yellowstone, où nous louons une voiture. Nous n'avons en effet pas le droit de traverser le parc en Segway, ce sera donc l'un des seuls endroits où nous polluerons, et pas avec le dos de la cuiller puisque nous sommes obligés de louer un V6.

Nous traversons le parc bondé pour arriver à Jackson Hole vers 23h. Ici encore, les prix sont exorbitants. Après avoir très sérieusement envisagé de passer la nuit dans la voiture, nous finissons par trouver une chambre pour un prix raisonnable dans une station de sports d'hiver un peu à l'écart de la ville.

Les collines de Crowheart

8 août, les collines de Crowheart

7 août : Après avoir rendu la voiture de location, nous prenons un taxi qui nous amène jusqu'à la limite Est du parc. De là, nous passons le col de Togwotee par une route magnifique et entrons dans le Wyoming.

Nous passons la nuit à Dubois, dans la piscine d'un motel. Il n'y avait en effet plus de place nulle part dans le motel, le gérant nous a gentiment permis de gonfler nos matelas pneumatiques au bord de l'eau, entre le boeuf et l'âne gris.

8 août : Nous quittons l'hôtel assez tôt, et passons une matinée magique, par un froid glacial. Autour de nous, des collines aux falaises rouges semblent plantées dans le désert comme des pâtés de sable sur la plage. Nous pouvons apercevoir derrière nous le col de Togwotee que nous avons passé la veille, aujourd'hui tout blanc. Nous avons eu la chance de le franchir avant la première neige.

Nous arrivons de bonne heure à Crowheart, minuscule village au milieu du désert. Nous y rencontrons une dame qui s'arrange pour nous fournir les clés de l'église. Nous passons donc une nuit de plus dans une sacristie.

La tombe de Sacajawea

9 août : Par une chaleur écrasante, nous hésitions à faire un détour pour aller voir la tombe de Sacajawea, très célèbre femme indienne, lorsque nous sommes accostés par un vieux fermier et son épouse, moitié Shoshone moitié Arapaho. Voyant que nous hésitons, ils nous emmènent en pick-up, nous font visiter le monument et nous ramènent.

Nous arrivons à Lander, une ville assez importante où nous passons la nuit chez un couch surfeur. Malheureusement, celui-ci est parti pour quelques jours, mais il a laissé un mot sur sa porte ouverte, nous invitant à faire comme chez nous. Nous partageons donc la maison avec un autre couch surfeur, qui voyage en stop du Dakota à la Californie.

10 août : Terrible étape de désert, chaleur écrasante. Nous nous arrêtons au hameau de Sweetwater Station, où nous avions repéré sur la carte une communauté de Mormons. Nous y passons la nuit dans l'ancienne école reconvertie en musée.


Notre tente, au milieu du matériel de forage.

Notre tente chez Grandma, au milieu du matériel de forage.

11 août : Nouvelle petite étape de désert. Nous logeons à Jeffrey City, dans l'atelier d'un joyeux potier/artiste fou. C’est une ville fantôme moderne : suite à la fermeture d'une usine d'uranium il y a 15 ans, la population y est passée de 5000 à 50 habitants. Des antilopes y broutent de maigres buissons dans d'immenses lotissements abandonnés.

12 août : Toujours le désert. On nous a conseillé de passer la nuit à Grandma’s café, mais ledit café est fermé, et ce qui fut jadis un camping a été loué à une compagnie pétrolière qui y stocke du matériel de forage. Grandma nous autorise à planter la tente et nous fournit l'indispensable prise électrique.

13 août : Nous arrivons à Rawlins, chez une couch surfeuse de 23 ans. Divorcée, elle vit dans une caravane résidentielle avec ses quatre enfants, une amie également divorcée et ses trois enfants. Nous passons une excellente soirée au milieu de toute cette marmaille.


Un boeuf aux cornes pointant dans des 
		directions opposées

Les horribles séquelles des vents à décorner les boeufs

14 août : Par un vent à décorner les bœufs, nous arrivons à Saratoga. La petite ville est en effervescence à cause du beerfest (festival de bières locales) et du rodéo prévu pour le lendemain. Nous parvenons tout de même à trouver une chambre de motel juste avant que l'orage n’éclate. Ce soir-là, nous allons nous baigner dans les hot springs, les sources chaudes qui se jettent dans la rivière. Nous y faisons connaissance avec quatre cyclotouristes : Megan, Automn, Kristi et Bill. Les deux premières traversent tous les États-Unis à vélo en quatre mois, tandis que Kristi et Bill, ne font qu'un « petit » tour. Adeptes des voyages en vélo, ils habitent Denver -où ils nous invitent- et se limitent cette fois-ci à une boucle d'une semaine.

15 août : Nous prenons un jour de repos, allons visiter le beerfest, sommes invités à manger chez des Indiens puis allons au rodéo. Nous terminons la soirée avec nos amis cyclistes dans un bar country.

16 août : Petite étape, nous allons jusqu'à Grand Encampment, où nous logeons chez des amis des Indiens de la veille. Une crevaison de plus.

17 août : Nous quittons le désert pour retrouver la montagne. Nous passons la frontière du Colorado et logeons dans un motel à Walden.


Nous posons devant un panneau indiquant 
		l'altitude (9683 pieds) à Willow Creek Pass

Sur la ligne de partage des eaux, entre Walden et Granby.

18 août : Après avoir longuement étudié la carte, nous faisons le pari dangereux de rejoindre Granby d'une traite. Il n'y a qu'un hameau entre les deux villes, à 22 miles de Walden, nous décidons de ne pas nous y arrêter. C’est une étape très montagneuse : nous épuisons deux batteries pour franchir le col de Willow Creek, nous hésitons donc à faire demi-tour au sommet puisqu'il ne nous reste plus qu'une batterie pour couvrir les 28 miles qui nous séparent de notre destination. Nous continuons néanmoins et descendons sans encombre jusque Granby, où nous logeons dans une famille de couch surfeurs russes. Cette étape de 58 miles fut la plus longue de notre voyage.


Elan

19 août : Petite étape jusqu'à la très touristique ville de Grand Lake. Nous mettons un point d'honneur à ne pas dormir à l'hôtel ce soir-là. Nous nous arrêtons donc à une station-service où nous faisons essayer nos engins. Après une demi-heure, nous sommes invités à planter notre tente dans un jardin. Nos hôtes ne peuvent pas nous faire dormir à l'intérieur, mais comme la température descend fréquemment sous les 5 °C la nuit, ils nous prêtent des couvertures supplémentaires. Au moment où Matthieu se prépare à monter la tente, un immense élan et son petit viennent tranquillement brouter les buissons à quelques mètres de nous.

20 août : Comme nous n'avions pas été autorisés à traverser Yellowstone National Park, nous avions décidé de ne pas demander la permission de traverser Rocky Mountains National Park et de passer au culot. Nous nous présentons donc avec un grand sourire à l'entrée du parc, en essayant d'avoir l'air le plus à l'aise possible. Malheureusement, le park ranger ne nous autorise pas à entrer et nous suggère d'aller négocier avec un responsable. Au bout de quelques minutes, nous nous retrouvons dans le bureau du responsable du parc. Celui-ci nous explique que, malheureusement, il ne peut pas nous laisser entrer, mais propose de nous emmener dans son pick-up jusqu'à l'autre sortie du parc. Le pauvre voulait vraiment nous aider mais était coincé par le règlement. Il nous a donc déposé 50 miles plus loin, à Estes Park, dans la maison d'un ranger que nous avions contacté par couch surfing.

21 août : Nous entamons notre descente sur Denver, et logeons à Rollinsville, chez une couch surfeuse.

Ce soir-là, nous sommes rejoints par Julien. En effet, Matthieu n'a pu prendre que quatre semaines de vacances, il est donc temps pour lui de rentrer, Julien prendra sa place.

Les voisins, ayant entendu parler de nous, s’invitent chez notre hôte avec un large échantillon de bières locales, nous passons une excellente soirée.

22 août : Matthieu prend le bus pour Denver d’où part son vol pour la Belgique. Le premier jour de Julien n'est pas une réussite : la route menant à Denver est terriblement fréquentée et très étroite, coincé dans un canyon, entre la rivière et la falaise. Véritablement morts de trouille, nous parvenons à nous faire prendre en stop jusqu'à l'entrée de Denver. La traversée de Denver est épuisante et très désagréable, nous arrivons en piteux état, bien après le coucher du soleil chez Kristi, une des cyclistes rencontrés à Saratoga.

23 août : Nous prenons une journée de repos chez Kristi. Julien se familiarise avec le matériel, et nous achetons de nouveaux pneus pour la remorque. Nous sommes rejoints par Automn et Megan qui avaient suivi un itinéraire un peu différent. Nous logeons tous les quatre chez Kristi.


Elan

24 août : Bill, l'ami de Kristi prend un jour de congé pour nous guider, les deux filles et nous par les pistes cyclables hors de Denver. Nous roulons donc en convoi, trois vélos et deux Segways. Nous essayons d'éviter les routes les plus fréquentées, mais nous devons absolument faire 3 ou 4 miles sur la Highway 285. Officiellement, ce n'est pas une autoroute, mais dans les faits, c'est quand même une route à quatre bandes avec une berne centrale. Pour arranger les choses, nous y arrivons juste au moment du coucher de soleil.

Après quelques centaines de mètres, la bande d'arrêt d'urgence disparaît. Nous voilà donc dans le noir total, avançant à une allure de tortue dans l'herbe et les cailloux, à la lueur d'une misérable lampe de poche. Bien entendu, je bute sur une grosse pierre et chute.

Tandis que Julien m'aide à me relever, un immense pick-up s'arrête derrière nous, gyrophares allumés. Un peu inquiet, je demande à nos sauveurs s'ils sont de la police, et ils répondent en riant : « Non, nous sommes les pompiers, nous sommes là pour aider les gens, pas pour donner des amendes. »

En quelques minutes, ils nous ont embarqué tous les cinq avec notre matériel pour nous amener chez les amis d’Automn et Megan chez qui nous devions passer la nuit. Nous n'étions plus qu'à quelques centaines de mètres.

25 août : Étape très montagneuse, et pour une fois boisée. Il fait froid et humide, les filles décident de prendre un jour de repos. Nous reprenons la route entre deux averses.

Nous croisons beaucoup de gibier ce jour-là, nous passons un col où il fait très froid, et nous croisons même quelques plaques de neige. Arrivés à Deckers où nous pensions passer la nuit, nous découvrons que le village n'est en fait qu'un site de pêche à la mouche. Il n'est constitué que de deux magasins, fermés tous les deux. Personne ne semble habiter là. Le gérant de l'épicerie qui était en train de plier boutique nous explique que nous ne trouverons rien à moins de 20 miles, et la nuit tombe... Il propose alors que nous laissions notre matériel dans son épicerie et qu'il nous conduise en voiture jusqu'à la ville la plus proche. Nous passons donc la nuit dans un hôtel à Woodland Park.

26 août : L’épicier passe nous prendre à l'hôtel, et nous ramène jusqu'à Deckers où nous attendent nos Segways. Nous roulons jusqu'à Lake George, et bien que les gens des villages précédents nous aient assurés que nous n’y trouverions rien, nous dégotons en quelques minutes une caravane à louer.


Chevaux

27 août : De retour dans le désert, nous retrouvons les filles à Hartsel. Nous prévoyons de planter nos tentes dans une espèce de préau qui sert de salle des fêtes communale. Alors que nous prenons un verre au café, nous croisons deux cow-boys, père et fils, qui finissent par nous inviter dans leur ranch. Tout cela n'a rien de touristique, ici santiags et chapeaux sont un simple outil de travail, il n'y a personne à impressionner. C'est plutôt nous, les Européens, qui faisons sensation.

28 août : Comme nous expliquons à nos cow-boys que nous sommes si déçus de n'avoir pas encore vu de bisons, ils nous proposent d'aller voir les leurs. Nous voilà donc repartis en pick-up jusqu'à un petit troupeau. Une des bêtes avait été nourrie au biberon et à moitié adoptée par la famille, elle s’est vite détachée du troupeau pour venir joyeusement nous saluer.

Après avoir pris congé, toujours avec nos cyclistes, nous nous arrêtons pour cuire les steaks de bison achetés la veille, sur notre petit réchaud à gaz.


Photo d'une interminable ligne droite

Cet après-midi-là, nous suivons une immense ligne droite très peu fréquentée au milieu du désert lorsque tout à coup, nous entendons la sirène d’une voiture de police. L'officier nous annonce qu'il nous a vu depuis quelques minutes, qu'il a appelé son boss pour vérifier si nos Segways étaient autorisés, et que nous ne pouvons pas continuer. Je mets alors pied à terre en m’appuyant très ostensiblement sur ma béquille, et j'explique que c'est mon engin de déplacement, que j'ai vérifié les législations et qu'elles ne sont pas très claires lorsqu'on en vient à un usage « médical » du Segway.

Perplexe, le flic retourne à sa voiture et rappelle son boss par radio. Il revient vers nous après quelques minutes, commence par dire que nous avons un avertissement officiel, mais pas d'amende, s'embrouille un peu, et finit par nous souhaiter bon voyage. Avant de repartir, il accepte notre proposition d'essayer le Segway.

Après un bref col de montagne, nous retrouvons le désert et passons la nuit à Nathrop, dans un camping. Par chance, nous faisons connaissance avec une famille en motor-home, ils nous offrent à boire et nous prêtent des couvertures.

29 août : Étape de désert sans histoire, nous passons la nuit à Villa Grove, dans un wagon de chemin de fer transformé en chambre d'hôtes.

30 août : Ce soir là, nous avons été surpris par la nuit à Hooper, petit village qui tient presque du bidonville. Pas de motel, pas un seul commerce, pas une pompe à essence où faire des rencontres. Nous sonnons à quelques portes, et on nous indique rapidement la maison d'une famille où on nous accueillera sûrement. C'était un peu étrange, plutôt que de nous inviter, les gens nous disaient « allez voir Bill-le-pasteur, il est un peu fou mais vous pourrez passer la nuit chez lui ».

Effectivement, Bill, sa femme et ses enfants avaient construit une église dont Bill s'était fait le pasteur, et où il avait tout prévu pour accueillir d'éventuels étrangers dans le besoin. Douche, toilettes, cuisine, rien n'y manquait. Nous y avons passé la nuit avec un homme qui n'avait « momentanément pas de foyer ». Cette famille nous a reçu avec une hospitalité incroyable. Comme leur fils de 18 ans était parti la veille pour un an à l'aventure au Costa Rica, ils nous considéraient comme une bénédiction divine, « Le seigneur vous envoie chez nous pour nous dire que tout ira bien pour notre fils, Il nous montre ainsi que nous ne devons rien craindre parce qu'il sera accueilli là-bas comme nous vous accueillons ici ».

Ils ont confirmé en riant notre impression sur leur intégration dans le village : « Ils nous prennent pour des fous, mais lorsqu'ils ont besoin d'aide, ils viennent quand même chez nous ! »

Nous les avons quittés à regret, après avoir été abondamment bénis.


Great Sand Dune

Dans le sable de Great Sand Dune

31 août : Nous faisons un détour pour aller voir Great Sand Dune, une immense dune de sable blanc classée parc national. Nous y louons une cabane en rondins.

1 septembre : Nous logeons à Fort Garland, dans un motel

2 septembre : Nous passons la frontière du Nouveau-Mexique, et découvrons enfin les tumbleweeds, ces buissons en boule emportés par le vent qu'on voit dans tous les westerns. Alors que nous demandons notre chemin à Cerro, nous y sommes invités à passer la nuit dans une caravane résidentielle.

3 septembre : Nous arrivons jusqu'à Taos, une grande ville où nous avions convenu de passer la nuit chez un couch surfeur. Nous nous rendons donc à son adresse, au milieu d'un semi bidonville de banlieue, mais nous n'avons jamais réussi à trouver la maison ni à contacter notre hôte par téléphone. Nous nous sommes donc rabattus sur un motel trouvé à la dernière minute.

4 septembre : Nous passons la nuit dans une famille de couch surfeurs à Chimayo. Le paysage traversé pendant les derniers miles de cette journée est parmi les plus beaux que j'ai jamais vus.


Photo de famille à Chimayo

5 septembre : Nous prenons une journée de repos. Comme c'est dimanche, nous profitons de la présence des fils de la maison pour tourner quelques bonnes images. En effet, comme nous ne voyageons qu'à deux, Julien n'a pas toujours la possibilité de filmer comme il le voudrait, et nous manquons particulièrement de scènes où l'on nous voit tous les deux. Après un rapide écollage, un des deux frères endosse donc le rôle de la doublure de Julien, l'autre conduit un vieux pick-up, et Julien filme, installé dans le coffre.

Comme c'est la veille du labour day, jour férié, quelques cousins de nos hôtes passent la soirée avec nous, autour d'un délicieux repas traditionnel néomexicain. Encore une grande soirée.

6 septembre : C'est mon anniversaire, et nous passons la nuit à Santa Fe, petite ville historique, capitale du Nouveau-Mexique. Nous sommes accueillis chez un couch surfeur, ancien cuisinier reconverti en ambulancier.

7 septembre : Notre hôte de Santa Fe contacte des amis à lui, sapeurs pompiers à Madrid. C'est un tout petit patelin perdu dans la montagne, et nous sommes autorisés à passer la nuit dans la caserne, entre deux immenses camions. Les pompiers nous invitent au restaurant ce soir-là, ainsi que le lendemain matin pour le petit déjeuner.


Photo de la route 66

8 septembre : Nous atteignons enfin le but de notre voyage : Albuquerque. Le dernier col de montagne est magnifique, à croire que le syndicat d’initiative a tout préparé pour nous en mettre plein la vue le dernier jour. Montagne, désert, cactus et petites fleurs, la route est magnifique, en excellent état et le temps est radieux. Nous finissons par atteindre la célèbre route 66 que nous suivons pour les derniers miles de notre périple. La traversée d'Albuquerque par contre est épouvantable. Nous arrivons enfin chez la couch surfeuse chez qui nous devons passer la nuit.

9 septembre : Dernier jour dans le Nouveau Monde, nous empaquetons toutes nos affaires, réglons quelques détails pratiques et trouvons un moment pour aller nous promener au bord du Rio Grande.

10 septembre : Nous reprenons l'avion qui nous ramène chez nous, nous passons donc la nuit au-dessus de l'Atlantique.

11 septembre : Après un vol sans histoire, nous retrouvons nos foyers.

Quelques chiffres


Graphique des statistiques

Au total : 46 nuits, 39 endroits

13 nuits payantes dont un camping (12 endroits)

15 nuits passées chez des couch surfers (10 endroits)

4 nuits dans des églises (Laurin, Ennis, Crowheart, Hooper)

3 nuits dans des lieux insolites (camp mormon, caserne de pompiers, piscine)

10 invitations chez des inconnus (Corvallis, Jeffrey city, Lamont, Grand Encampment, Grand Lake, Denver, Pine, Hartsel, Cerro)

1 nuit dans une famille renseignée par un curé (Jackson).

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Sponsors

Nous avons bénéficié de la générosité de quelques sponsors, et avons nous-mêmes pris en charge les frais sur place (nourriture et logement).

Si le reste de nos frais s'avère inférieur à la somme que nous avons reçue de nos sponsors, le surplus sera versé à Handicap International. Cela inclut bien sûr les éventuels bénéfices que nous pourrions tirer de notre reportage vidéo.

Malheureusement, ni les comptes ni le documentaire ne sont encore clôturés.

Les généreux sponsors de notre expédition :

-Stedi Organisation and Fireworks.

Stéphane Dirickx organise vos évènements et feux d'artifice. Si vous êtes intéressé par les feux d'artifice, n'hésitez pas, consultez son livre.

logo de tetrade

-Tetrade Consulting

TETRADE Consulting a été fondée en mai 2000 par Laurent VALENTIN et Xavier LEMAIRE.

Ayant tous deux exercé leur activité professionnelle dans la mise en place de systèmes d’information, ils sont arrivés au constat qu’il n’était pas opportun de dissocier l’analyse des besoins métier de la mise en place de la solution ERP répondant à ces mêmes besoins.

TETRADE Consulting constitue donc la structure capable de créer et développer les compétences et les méthodologies favorisant une approche conjointe d’implémentation métier et ERP et de les mettre en œuvre chez ses clients.

Pour garder le style un peu "platezak" du site (amis Français, c'est intraduisible, faites un effort d'imagination!) j'avoue que ce n'est pas moi qui ai pondu tout ça, j'ai honteusement fait un copier-coller depuis leur site, que je vous invite à aller visiter pour de plus amples informations: www.tetrade.be.

logo de ACM

-ACM

ACM est une entreprise aux diverses activités, ils font notamment du tunning de camions, très impressionnant à voir, et des adaptations de voiture pour personnes à mobilité réduite. C'est dans ce cadre que je les ai rencontrés.

Ils nous ont gracieusement confectionné des fontes pour nos Segway (les boîtes en métal au-dessus des roues), et ont magnifiquement transformé notre remorque, ce qui a radicalement changé notre manière de voyager par rapport aux Pyrénées.

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